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Tarder à Répondre à la Conviction : Le Danger Continuel des Chrétiens

28th September 2016

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Cet article est le quatrième d’une série intitulée « Les obstacles de la vie chrétienne ». Dans cette série, différents auteurs expliquent les malentendus très répandus que rencontrent dans leur vécu les chrétiens ou ceux qui veulent le devenir. Ces « obstacles » sont tous présentés dans le livre « Le meilleur chemin » où l’auteur décrit les difficultés auxquelles « beaucoup » sont confrontés. Les citations pour le présent article sont : « Ne renvoyez pas le moment de délaisser vos péchés et de rechercher en Jésus la pureté du cœur. C’est précisément ici que des milliers de personnes ont commis une erreur fatale. » Le Meilleur Chemin, 30. « Plusieurs font taire la voix de leur conscience alarmée en se persuadant qu’ils délaisseront le mal quand ils le voudront. Ils s’imaginent qu’ils peuvent se jouer des appels de la miséricorde divine, et rester néanmoins susceptibles d’en être touchés. » Le Meilleur Chemin, 31.—L’éditeur.

La nécessité urgente de répondre à la conviction de l’Esprit s’applique au cœur qui n’est pas converti, à ceux qui n’ont pas encore décidé d’être chrétiens. Mais la voix de la conviction ne cesse point son œuvre lorsque l’âme a décidé d’accepter Christ. La décision de suivre Christ doit être renouvelée continuellement. Ces citations s’appliquent donc aussi à ceux qui professent déjà Christ comme leur Sauveur. C’est pour cela qu’Ellen White nous avertit, plus loin dans le même chapitre, dans l’un des passages du livre qui fait le plus réfléchir : « Un seul travers, un seul mauvais désir conservé obstinément, neutralise, à la longue, toute la puissance de l’Evangile. » Le Meilleur Chemin, 31.

En 2016, plus de 8,5 millions de personnes mourront du cancer (environ 24 000 personnes par jour). Or, selon l’état actuel de la recherche, 80-90% de ces cas de cancer pourraient être prévenus par des facteurs liés au style de vie ou à une détection précoce. Encore aujourd’hui, malgré notre connaissance des effets négatifs du tabagisme, un tiers de ces décès liés au cancer sont attribués à la cigarette. Nous pouvons donc en conclure que : La peur et l’information seules n’empêchent pas les gens de continuer à suivre des mauvais schémas comportementaux.

Mais qu’est-ce qui pousse alors quelqu’un à se laisser aller à un comportement qui conduit à la maladie et à la souffrance qui en découle, voir même la mort ?
Eh bien, probablement le fait que ce comportement n’a pas l’air si mauvais au premier abord, et qu’il promet quelque chose–un désir profond semble être comblé, du moins à court terme. Cela me rappelle la célèbre citation de Blaise Pascal concernant le trou qui a la forme de Dieu :

Qu'est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance, sinon qu'il y a eu autrefois dans l'homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide, et qu'il essaye inutilement de remplir de tout ce qui l'environne, … parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c.à.d. que par Dieu même ?—Blaise Pascal, Pensées VII, 425.

Puisque chaque personne cherche l’épanouissement et un sens à sa vie, consciemment ou inconsciemment, il faut combler ce désir avec quelque chose. De même, nous lisons dans la parole de Dieu : « il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité ». Eccl 3.11. Il y a donc quelque chose dans nos cœurs qui cherche désespérément à être comblé. J’ai essayé de combler ce désir profond d’un véritable sens à la vie avec toute sorte de comportements destructeurs, dont la plupart tendent à être addictifs. Cette conduite destructrice suit toujours l’un des trois types de péché donnés dans la Bible : la convoitise de la chair (luxure), la convoitise des yeux (avarice, jalousie) et l’orgueil (voir 1 Jean 2.16). Ces tentatives de satisfaction reposent sur soi ou sur une idole. Leur consommation donne du plaisir ; en fait, la Bible ne nie pas l’aspect plaisir du péché (Heb 11.25), mais elle indique clairement sa fin : la mort (Rom 6.23). Le problème est que beaucoup de ces comportements n’ont pas l’air mauvais au premier regard et nous ferions bien de les dévoiler.

Aujourd’hui nous comprenons mieux que jamais auparavant la capacité du cerveau humain à apprendre des comportements, qu’ils soient bons ou mauvais, en pensant à quelque chose de façon répétitive et en agissant suivant ces pensées. Ces chemins neurologiques acquis forment finalement l’essence même de notre personne–notre caractère. C’est pour cela que désapprendre des habitudes longuement pratiquées nécessite beaucoup d’efforts.

Supposons que vous soyez le diable, et que vous ne vouliez pas que quelqu’un réalise son véritable état, que feriez-vous ? Vous introduiriez bien sûr des pensées et des modes de comportements qui au premier abord semblent parfaitement satisfaire ce désir profond, et qui ne font pas de dégât immédiat. Ils sont attrayants, renforcent le moi et diminuent votre volonté de laisser Dieu régner sur votre cœur. Mais cela n’est quasiment jamais visible au départ ! La vraie nature pécheresse du péché n’est pas la méchanceté apparente, qu’on voit dans un être brutal et consternant. Un danger plus grand est de pratiquer le péché sans le considérer comme tel, ce qui conduit les gens à l’aveuglement face à leur véritable état–les gens excellent dans la pratique de divers comportements de ce genre! Ainsi les voies neuronales sont renforcées et un changement devient de plus en plus difficile.

La citadelle du mal la plus solide dans notre monde n’est pas la vie inique … c’est la vie de celui qui semble vertueux, honorable, noble, mais qui se laisse aller à une faute, qui cède à une faiblesse. Éducation, 171.

Notre confiance dans nos propres actes vertueux, le fait de nous comparer aux autres et estimer notre condition « pas si mauvaise que ça » est l’un des plus grands pièges. Au fil des ans, vous pratiquez ces schémas comportementaux qui consistent à classifier vos propres péchés comme triviaux et à penser qu’ils sont assez faciles à surmonter si vous les combattez avec suffisamment d’effort, à un certain moment de votre vie. Mais c’est se tromper soi-même ! Passer des années à reporter des décisions importantes et former ainsi des voies neurologiques scelle un caractère qui ne sera pas facilement changé. Un manque d’action décidée contre des comportements marqués par le péché va vous préparer à d’autres compromis et diminuer votre désir spirituel et peut conduire à la perte éternelle. Ça fait peur ? Eh bien, la peur peut et devrait vous alerter–mais la peur en soi ne peut pas être le moyen d’un véritable changement spirituel. Jamais !

Au début de cet article nous avons déclaré que la peur et la connaissance seules n’empêchent pas les gens de continuer à suivre des mauvais schémas comportementaux. La vraie bataille commence lorsque vous laissez Dieu agir dans votre vie et vous donner un aperçu de votre véritable condition qui ressemble à ça : Un moment d’impatience et de cris est dissimulé sous le manteau du zèle pour la vérité. La luxure se déguise en amour pour la beauté. La soif de puissance et de contrôle porte le masque du leadership chrétien. La crainte des hommes se fait passer pour un esprit de service et de paix. Nous comprenons maintenant que la véritable solution à notre problème nécessite plus que de la force humaine ; elle nécessite une puissance transformatrice, extérieure à nous-mêmes. Ce n’est que dans le miroir de la Parole de Dieu et avec l’aide du Saint-Esprit qui redonne la vue que nous sommes en mesure de nous voir tels que nous sommes vraiment. Parlez avec Dieu ouvertement de vos plus profonds désirs–Je vous garantis qu’il offre la vraie repentance et remplit votre cœur de sa paix ! J’ai fait cette expérience encore et encore : « Goûtez et voyez combien l’Eternel est bon ! Heureux l’homme qui cherche refuge en lui ! » Ps 34.9.

Remplir en vous le vide qui a la forme de Dieu

Soyez assurés qu’il y a un Dieu qui est véritablement aimant et qui vous mérite tout entier, qui est digne d’être adoré et suivi, qui veut votre bien, et je vous encourage fortement à vous accrocher à la promesse biblique que « Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. » Jer 29.13. Dieu, qui nous aime suffisamment pour sacrifier Son Fils pour notre rachat, œuvre pour que nous voyons nous même clairement, afin que nous ne croyions pas l’illusion de notre propre justice. Il nous donne un humble sentiment de besoin personnel et nous apporte la véritable paix du cœur au moyen de Son remède parfait contre le péché : La purification de toute souillure et salissure. Aucun cas n’est si sévère que Dieu ne puisse le guérir. Mais nous devons répondre à la conviction divine. Pourquoi ne pas donner tout de suite notre cœur tout entier à Christ, et ne plus renforcer les voies nerveuses pécheresses en retardant cette décision mais Lui demander de nous donner la force de faire demi-tour, Lui parler et goûter et voir combien l’Éternel est bon ! Alors, mon ami, « Agissez honnêtement avec votre âme. Soyez aussi sincère, aussi persévérant que si votre vie présente était en jeu. » Le Meilleur Chemin, 32.

Andreas Binus est médecin et co-directeur de ENAD.