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Sur ma table de chevet #2 | Deep Work: Thinking, Uninterrupted (Josephine Elia)

2nd July 2018

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On My Bedside Table (Sur ma table de chevet) est une série de critiques de livres qui veut s'assurer que les meilleurs livres sont lus encore et toujours. En savoir plus sur la série ici.


Deep Work: Rules for Focused Success in a Distracted World (Travail en profondeur: règles pour un succès ciblé dans un monde distrait), Cal Newport (2016)

Essayez cet exercice : Comptez le nombre de minutes, ou de secondes, entre cet instant et la prochaine notification qui apparait sur votre téléphone. Pendant la rédaction de cet article, j’ai reçu environ cinq messages entre le moment où j'ai commencé et la fin de la première phrase.

C’est l’affligeante réalité de de notre vie moderne : nous sommes constamment accablés de "Ding", "Ping", toujours alertés, notifiés sur notre téléphone, tablette, ordinateur portable et au bureau. Le reste du temps, nous tapons sur les icônes d’une application et faisons défiler avec nos pouces. Ceux qui luttent pour notre micro-attention font tout ce qu'ils peuvent pour s’accaparer nos moments de répits et faire disparaître l'ennui. Et honnêtement, le plaisir est assez addictif.

"Cet état d'attention fragmentée n’est pas propice pour un travail en profondeur, qui nécessite de longues périodes de réflexion ininterrompue."

Cette phrase vient de Deep Work: Rules for Focused Success in a Distracted World par Cal Newport. Newport définit le travail profond comme :

Les activités professionnelles réalisées dans un état de concentration sans distractions qui poussent vos capacités cognitives à leurs limites. Ces efforts améliorent vos compétences et sont difficiles à reproduire.

La préoccupation de Deep Work n'est pas de vous faire devenir un luddite (opposant aux nouvelles technologies) ou un ermite digital. Au contraire, il se concentre sur l'amélioration de notre capacité à nous concentrer, afin que nous puissions acquérir de nouvelles compétences rapidement, efficacement, et produire un travail précieux. Il s'agit de créer un environnement et un style de vie propice à la fluidité – un esprit tellement concentré que vous ne sentez pas, autant que possible, le temps passer. Il faut alors entraîner notre esprit à entrer facilement dans ce mode.

Newport apporte des arguments pratiques – plutôt que moraux – pour un travail en profondeur. Ceux qui forment leur esprit pour la profondeur peuvent tirer parti d'une culture qui tend vers toujours plus de travail superficiel. Dans une économie qui repose sur l’évolution continuelle des systèmes de plus en plus complexes, l'art de maîtriser de nouvelles compétences est de grande valeur. Plus vous maîtrisez cet art, plus vous vous distinguez du reste de la main-d'œuvre, vous serez plus précieux et indispensable à votre organisation.

À mon avis la meilleure partie du livre est le conseil pratique de Newport pour créer un style de vie optimisé pour la profondeur. Comprenant que chaque champ de travail a son propre rythme et ses propres styles de communication (par exemple, les habitudes d'email), Newport adapte ses recommandations à plusieurs types d'environnement de travail. Ses conseils vont du micro, comme comment programmer chaque minute de sa journée sans être tendu et s’épuiser, écrire des courriels qui suscitent des réponses réfléchies et minimiser les réponses inutiles, à la macro, comme structurer votre emploi du temps annuel pour un travail en profondeur.

J'ose avancer que les lecteurs de ce blog n'ont pas besoin d'être convaincus de l'importance de la profondeur. En tant que personnes qui s'efforcent de garder un temps personnel dédié au calme et à la réflexion nous ressentons l'extrême attraction des distractions. La question est de savoir comment nous pouvons résister efficacement. Ce livre propose de bonnes réponses.


Josephine Elia Loi est un ingénieur en chimie qui travaille dans l'industrie de l'énergie. Elle est autodidacte et bibliophile. Elle blogue sur www.josephineelia.com. Si vous avez apprécié cette critique, vous pouvez continuer ce fil de pensée ici et ici.